22.12.2011
L' OVIANGA de Mvoutessi
Notre séjour dans la ville de Mvoutessi région du Sud Cameroun à l’occasion d’un deuil, nous a permis de découvrir certaines spécificités liées à celle-ci.
Mvoutessi est une bourgade située à environ 150km au sud de Yaoundé sur la route de Sangmelima, prononcez « Zangmelima ». Les maisons comme celles du grand sud Cameroun sont en fonction des moyens du propriétaire, en terre battue, crépies, cimentées, tôlées ou en nattes, électrifiées ou non. Les filles font beaucoup d’enfants, avec les fils du village et parfois, de manière accidentelle avec les personnes venues d’ailleurs pour un court séjour. Faites attention si vous etes un coureur de jupons. Il vaut mieux ne pas vous fier à la première venue. Son « gars », le véritable propriétaire, une fois revenu de son activité, récupérera ses biens.
Comme partout ailleurs, la maxime qui dit que le malheur des uns fait le bonheur des autres s’est vérifiée à Mvoutessi. Dès notre arrivée, nous avons remarqué que les prix des denrées avaient augmenté en dehors des petits sachets de whisky très consommés lors des deuils.
Si vous arrivez à Mvoutessi, sachez que vous consommerez l’ « OVIANGA », la viande de brousse cuite à l’étouffé et vendue sans sauce avec de la banane plantain pilée encore appelée « NTOUBA IKON ». Comme gibier ainsi vendu, il y a le pangolin, le porc-épic, l’antilope , la biche, l’hyène, le hérisson entre autres. Les produits de la pêche ne sont pas en reste. Le KANGA, cette variété de poisson qu’on ne voit que dans le Nyong et qui a la particularité d’être très délicate à cuisiner. Il y a aussi le silure cuit dans les feuilles de jonc avec les épices traditionnelles locales comme le « messep, le ndong, le medzom » ou « domba » .Si vous étés exigeant ou traditionaliste comme nous, vous pouvez commander les chenilles « minkong » ou les vers blancs de palmier autrement appelés « Fooss ».
Mais notre véritable découverte lors de notre séjour à Mvoutessi, c’est le cochon d’Inde qu’on appelle aussi cobaye ou en langue fang béti « Idou’ inguila » que nous avons vu dans la cuisine d’une honorable dame alors que nous cherchions de quoi manger. Nous avons remarqué qu’il n’y avait pas assez de « matango » ou le vin de palme, le nectar du palmier. A Mvoutessi, on consomme outre la bière et le vin rouge, le whisky en sachets communément appelés Kitoko, King Arthur ou le lion d’or qui peut vous endormir. De toutes ces variétés que l’on retrouve sur l’étendue du territoire, c’est le King Arthur qui est la plus consommée à Mvoutessi. Pour le frugivore que nous sommes nous avons admiré les papayes et les kassimanga (une variété de fruits dont le noyau est pleins d’hérisses). Les cannes à sucre ne nous ont pas échappé.
Seulement, ne vous rendez pas à Mvoutessi si vous n’avez pas d’argent. Si ailleurs, vous aurez de bons samaritains, là-bas, vous pouvez crever de faim si vous n’avez pas un ami ou une relation tant pis pour vous. Non pas que les populations ne soient pas altruistes ou hospitalières, mais le chacun pour soi règne en maître là bas. Figurez vous que notre interlocuteur direct lors de notre séjour dans ce village, une fois le contact pris à la morgue de Yaoundé la veille à 12h, c’est le lendemain à 10h30mn un peu par hasard que nous l’avons revu. Ni chercher à savoir comment nous nous portions, ni si nous avions un quelconque souci alimentaire, affectif ou naturel. Ce n’était pas sa préoccupation. Nous ne nous sommes plus jamais revus jusqu’aujourd’hui. Heureusement pour nous que nous avions un peu d’argent de poche, et que nous avions retrouvé deux confrères qui s’y trouvaient en mission. Nous nous sommes associés et passé tout notre séjour comme des siamois. Nous avons passé la nuit sur les vérandas des maisons où
Se vendait l’ovianga que nous avons consommé abondamment pour tuer le temps et admirer quelques jolies filles, faisant semblant de les courtiser. Parlant encore des filles de Mvoutessi, nous avons eu mal aux oreilles en les entendant se chamailler. Nous vous faisons grâce des paroles obscènes et des révélations entendues …
Mvoutessi c’est aussi l’ambiance qu’adorent les populations. On chante, on danse, les chorales sont légion.
Didier ONANA(c)94 78 86 88 / 70 31 11 28
22:10 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : mvoutessi, sud, voyage, deuil, découverte, gastronomie, cobayes, cannes à sucre


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